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Manifestez-vous pour le covoiturage du quotidien !

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Marcher pour le climat, puis bloquer les routes pour un carburant moins cher, 2 injonctions bien contradictoires !


Questionné sur l’enjeu de la transition écologique, les Français s’expriment majoritairement, à presque 80%, pour que l’environnement soit une priorité du gouvernement. On doit y voir une conscience collective réelle de l’enjeu qu’il y a à agir pour lutter contre le dérèglement climatique dont nous percevons de mieux en mieux les graves conséquences. Les Français sont autant, 78%, à se déclarer favorable à un blocage des routes le 17 novembre prochain pour réclamer un prix du carburant moins cher. Il faudrait donc ainsi agir pour le climat, mais continuer à consommer autant de carburant.

Un vrai paradoxe, au coeur de nos difficultés pour réussir cette nécessaire transition vers un modèle de mobilité durable.


Il nous faut reconnaître ce paradoxe


Nombreux sont les ménages dépendants de l’automobile, résidant loin de leur lieu de travail, éloignés également des transports en commun. Dans ces conditions, les modes doux ne sont souvent pas plus une solution. Contraint à l’automobile, l’augmentation du prix du carburant peut indéniablement être vécue comme du racket.


Mais, il faut reconnaître aussi, que dans notre économie de marché, sans signal prix, les habitudes de mobilité ne se modifient pas. Lors du dernier pic de prix du pétrole en 2007, nous avons vu les pratiques de mobilité évoluer vers plus de covoiturage (blablacar a commencé réellement à se développer en 2008), vers un moindre usage de la voiture et un usage plus fort des modes doux comme le vélo. C’est aussi en 2008 que Renault a décidé de développer son premier véhicule électrique.

Puis le prix du pétrole est revenu à son niveau d’avant son pic, et les habitudes de mobilité ont également repris leur cours d’avant. Les véhicules électriques ne se vendent que très peu, le covoiturage est marginal, et les véhicules neufs vendus sont devenus massivement des SUV, plus gros et plus consommateurs. Le projet d’un véhicule 2 litres/100 pour 2020 semble oublié. Les émissions de CO2 du secteur automobile sont reparties à la hausse. En matière de mobilité nous en restons aux intentions et ne réagissons réellement qu’aux évolutions de prix. C’est un fait.


La taxe carbone introduite par Nicolas Hulot vise à introduire un signal prix programmé à la hausse pour encourager le système de mobilité à évoluer vers un système moins carboné. Avec ce signal d’un carburant qui ne fera qu’augmenter, il nous faut développer des véhicules plus petits et moins consommateurs, développer les énergies alternatives comme l’électrique, changer les comportements de mobilité, développer l’usage des transports en commun, des modes doux et du covoiturage.


Si la hausse du prix du carburant est mauvais pour notre porte monnaie, il faut reconnaître qu’elle est nécessaire pour le climat et impulser le changement.


En tant qu’association défendant un autre usage de la voiture au quotidien, nous pensons, à éhop que les efforts doivent, non pas se concentrer sur une lutte contre la hausse du coût du carburant mais plutôt sur une réflexion globale autour de l’utilisation de la voiture.


Pour être cohérent, pourquoi ne pas repenser l’usage de la voiture autrement ?

 

Face à un prix du carburant qui ne cessera d’augmenter, pourquoi ne pas moins rouler ? Repenser ses trajets en voiture.

 

Dois-je vraiment me rendre ici en voiture? Y’a-t-il des transports en commun pour s’y rendre? Puis-je optimiser mes trajets pour en faire moins? Chacun doit questionner ses propres pratiques.

 

Pour aller au travail, moins se déplacer est impossible et parfois les transports en commun ne desservent pas les entreprises, sont moins pratiques. Alors pourquoi ne pas partager ses trajets ? Pourquoi ne pas s’organiser au quotidien pour mieux remplir sa voiture, faire des économies, contribuer à désengorger les routes, et faire un geste pour l’environnement ?

Réaliser son trajet domicile-travail à 2 plutôt que seul divise par 2 les frais de carburant mais aussi les frais d’entretien et d’autant les émissions de gaz à effet de serre. Dans cet impératif d’économie des ressources, nous allons devoir partager l’automobile. Nous pouvons mettre notre énergie pour changer l’autosolisme et résoudre cette équation d’une dépendance à la voiture, de l’impératif écologique et du pouvoir d’achat.


Chez éhop, nous avons fait le choix de défendre un mode d’utilisation alternatif de la voiture tout en accompagnant les freins de chacun pour sauter le pas, pour faire face à ses propres paradoxes.

Le covoiturage ne sera pas l’unique solution mais c’est une manière concrète, à la portée de chacun de lutter au quotidien, à son échelle, pour l’environnement et pour son porte monnaie.

 

 

Franck Lamiré, Président de l'association